Souvenirs du VerglasSouvenirs du Verglas

Les récits des participants des centres Alpha-SourdLes récits des participants des centres Alpha-Sourd

Auteurs des récits

Claude Drouin
Daniel Fournier
Esther Paradis et
Claude Larivière
Fanny Dion
France
Jacqueline Forget
Jeanne d'Arc Paradis
et Jacques Daigneault
Micheline St-Onge
Pauline Gauthier
Serge
Yvon
et autres
 
Centre Alpha-Sourd
www.alphasourd.org
 

La tempête de verglas en 1998

Tout était désolation, les arbres pliaient sous le poids de la glace.  Quelques uns ont dû être coupés. Au début, nous mangions ce que nous avions dans le frigo, mais plus le temps passait, cela devenait problématique.  Nous n'avions aucune information...pas de journaux ni TV.  Nous avons su par nos filles que nous pouvions aller souper à la polyvalente de Beloeil....on s'arrangeait pour le déjeuner et diner, mais on allait souper à la polyvalente.  Nous avions un foyer au sous-sol et assez de bois de chauffage.  La ville de Beloeil donnait un certain nombre de buches chaque jour, mais ce bois était vert et brûlait difficilement.  Nous mettions une buche bien sèche avec une buche verte et c'est comme cela nous avons pu avoir du chauffage pendant 17 jours sans problème. 

Mon amie Ginette qui habitait Sainte-Julie m'a offert d'aller faire le lavage chez elle et de prendre des douches.  Que c'était bienvenue!  On voit nos vrais amis en telles circonstances. 

J'avais à préparer les admissions au Centre Alpha et quand je suis revenue à Beloeil tard en soirée, c'était le brouillard complet.  J'ai paniqué et j'étais en  plein milieu de la rue à crier:  «je ne vois rien»  Un bon samaritain qui avait un 4X4 avec feux jaunes m'a demandé de le suivre côte à côte et c'est là que j'ai pu me rendre à Beloeil.  J'ai raté la sortie 109 de Beloeil car on n'y voyait rien, je me suis dis:  Je vais prendre la sortie 112 et c'est fort heureux car il y avait des dizaines d'automobiles empilées dans la sortie 109.  Je crois que j'avais un ange gardien.  J'en ai été fortement ébranlée et ai décidé de venir habiter Ville d'Anjou et de ne plus avoir de ponts à traverser chaque jour.

La tempête de verglas est arrivée une fois et c'est suffisant.  Nous ne désirons plus jamais voir cela ni la vivre.  Je crois que c'est comme la guerre, tout le monde en est marqué.
Jeanne d'Arc Paradis et Jacques Daigneault maintenant résidents d'Anjou et fort heureux.